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jeudi 18 avril 2019

L'horreur, c'est quand on se trompe de peur...

Ce mois-ci, je suis allé voir deux films au cinéma : Simetierre, et… Raoul Taburin. Je me doute que c'est du premier que d'aucuns préfèreraient que je parle.

Ayant lu le livre, vous n'échapperez pas à une comparaison entre les deux, et dire mesquinement que le film étant une adaptation cinématographique, c'est une œuvre à part entière, ne vous sauvera pas. J'emmerde (désolé de la grossièreté !) les défenseurs d'une indépendance d'une adaptation par rapport à l'œuvre qui l'a inspirée, et je ne réécrirai pas une 36e fois pourquoi, les raisons en ont été largement développées quand je débattais du cas du Hobbit, sur diverses plateformes.

Pour résumer, quand on proclame présenter à un public une adaptation d'une œuvre préexistante, soit, mais on assume le respect qu'on doit à cette œuvre, même si bien évidemment les contraintes techniques et le format du média, et l'interprétation d'un réalisateur artiste (s'il est réellement artiste, et pas dans une logique productiviste industriel comme ce fut le cas de Jackson sur le Hobbit - bien qu'on doive aussi reconnaître l'ingérence des producteurs, évidemment) vont nécessairement apporter leur lot de différenciation ; une adaptation SE DOIT de respecter le matériau original, sinon, inutile de prétendre que c'est une "adaptation", ce ne sera qu'une vulgaire récupération mercantile d'un titre à succès.

Il existe, par ailleurs, nombre d'œuvres qui reconnaissent sincèrement s'inspirer d'une œuvre sans en être une adaptation fidèle. Et, évidemment, c'est un choix tout à fait honorable s'il se montre honnêtement à jour.

Le problème avec Simetierre, c'est que cette œuvre se range exactement dans la catégorie des œuvres que j'ai cité précédemment : celles des récupérations mercantiles.

On se souviendra que Stephen King, après avoir été un écrivain dont le succès a démarré en librairies, a rapidement intéressé le cinéma et la télévision avec diverse adaptations de ses œuvres dans les années '80 et au début des années '90 ; puis il était devenu un nom célèbre, un peu oublié et remisé dans un coin de la culture cinématographique, bien que l'on citât souvent Kubrick et que l'on murmura un certain film comme emblématique dans l'histoire du cinéma de la peur, mais qui faisait vendre des livres, au demeurant de bonne qualité en comparaison de la concurrence dans son domaine d'écriture - celle de l'angoisse -.
Il interroge intelligemment, en effet, ce qui fait peur dans nos cultures humaines contemporaines, indépendamment de son style que l'on peut aimer ou non, et qui est d'ailleurs variable d'une œuvre à une autre.
Et soudain, le succès de Dôme sur CBS, puis sur Netflix aux débuts des années 2010 relança l'intérêt de l'industrie audiovisuelle pour cet auteur, et l'on vit sortir, d'abord, la première partie de IT, nouvelle version, sur grand écran, avant d'y (re)découvrir Simetierre, de Kevin Kölsch et Dennis Widmyer… Lui aussi étant une nouvelle version (nous avions eu droit en 1989 à une tentative de Mary Lambert, dont je ne peux dire grand'chose, n'ayant que 7 ans à cette époque et ayant eu une éducation assez protectrice quant à ce genre de films.)

Kevin Kölsch et Dennis Widmyer, donc, nous livre un grand moment de spectacle, un film de zombies parfaitement réussi.

Pourquoi, alors, criai-je à la récupération mercantile ? Parce que ce film aurait pu s'intituler autrement, et passer pour un excellent film de Romero, mais voilà : il a fallu que les producteurs veuillent profiter de la "nouvelle vague" S. King pour produire un film qui surferait sur sa crète.

Je ne mets pas en doute la sincérité des réal's. Elle se voit à travers ce film, qui, bien qu'utilisant les ficelles classiques des films d'angoisse de manière un peu mécanique, montre tout leur amour pour le genre.

Mais puisqu'on parle d'amour, venons-en au fait :
ce n'est pas une scène en particulier, ou une absence d'un passage du bouquin, qui me fait condamner ce film.
En lui-même, il est très bon, il fonctionne, on a peur, les événements s'enchaînent, et, - même si le public connaisseur et averti s'attendra de la suite -, ils nous mènent au frisson avec efficacité.

La photographie est très bonne, les passages entre un monde violemment éclairé, le milieu aseptisé du centre de soins médicaux universitaires où travaille le mari (qu'on a un peu de mal à reconnaître pour tel, d'ailleurs, si l'on a pas lu le bouquin !), et les nuits brumeuses, énigmatiques et menaçantes régnant sur les bois entourant le cimetière, tout cela est parfaitement rendu et nous plonge dans l'ambiance.

Le problème, c'est que, justement, c'est un film de zombie.

C'est un film de style Romero ; je l'ai dit.

Lisez le bouquin de Stephen King, jusqu'à la fin. Vous comprendrez que l'histoire de King, ce n'est pas une histoire de personnes qui reviennent de la mort nous hanter. Ce n'est pas une histoire de cimetière. C'est une histoire des passions humaines : une histoire où l'on se demande jusqu'où l'humanité est prête à aller par (ou pour) amour.
Et jusque là, vous pourriez me dire que le film raconte effectivement cela.

Oui.

Du moins au début.

Mais.

La conclusion de l'œuvre, et la peur qui reste une fois qu'on a refermé les pages, elle, porte sur autre chose.
Bien sûr, il est terrifiant que l'amour, traditionnellement décrite par les contes littéraires comme source du salut de l'âme humaine, devienne ici vecteur d'une horreur, incompréhensible pour l'amoureux qui la déclenche.

Mais le goût de cuivre que l'on ressent à la fin du roman, il vient du fait que l'homme n'apprend pas de ses erreurs. Ce que Stephen King nous dit par ce bouquin, c'est que les passions humaines nous feront toujours oublier nos tristes expériences passées :
L'horreur de Simetierre, c'est que l'humanité, jamais, ne parvient à tirer de leçons de ses erreurs, qu'elle les recommencera toujours, et la menace qui pèse sur l'humanité,c e ne sont pas les zombies qui se multiplient comme une épidémie. C'est elle-même.

Ce roman de Stephen King, c'est un chef d'œuvre magistral, parce que ce qu'il raconte, mieux qu'aucune autre œuvre sur le même thème, c'est que l'humanité EST sa propre menace, et même sa seule menace :
l'angoisse naît de ce qu'il est impossible de la combattre, de l'arrêter, parce que par nature, on ne pourra pas la déraciner en nous.

La menace qui nous mènera à notre perte, c'est que nous n'apprendront jamais de nos erreurs.

Voilà la peur que Stephen King raconte dans son roman, et à côté de laquelle le film passe complètement.

jeudi 4 avril 2019

Le plan d'un texte rédigé (composition, dissertation, etc.)

Mes étudiants de licence m'ont posé par correspondance, une question assez étrange : "" (…) dans la partie introduction du rapport, (…) un cadre s'intitulant "plan du rapport "" que devons nous mettre dans cette partie ? ils ne savent apparemment pas ce qu'est un plan… Après avoir passé le bac… Qu'ont-ils appris au collège et au lycée durant toutes ces années ? Je me souviens pourtant parfaitement avoir eu des cours sur la façon de structurer un texte rédigé, que ce soit en Français (en Lettres), en Histoire-géographie, ou en Philosophie…

Ce qui est assez grave, c'est que ce ne sont pas des étudiants en biologie ou en mathématiques, mais en sciences de l'information… Mais il faut reconnaître qu'il vaut toujours mieux avoir le courage de paraître ignorant un instant, plutôt que le rester toute sa vie ;
je me demande, du coup, combien d'autres étudiants ne maîtrisent pas ce sujet, sans oser poser la question pour rectifier leur lacune, de peur de se désavouer…

Souvent, je participe, via Twitter, ou via des forums de discussion pédagogiques et/ou philosophiques, sur la valeur de notre système éducatif, et, tout en reconnaissant tous ses défauts, je tente d'en défendre aussi les valeurs. Mais désormais je me pose des questions..: Je ne peux pas croire qu'une telle lacune soit la faute des étudiants : si en sept (ou huit) années d'études secondaires, ils n'ont pas assimilé la notion de base du plan de rédaction, ce ne peut être de leur propre faute, l'école y a forcément sa part ; cela me semble tellement basique que je ne peux pas penser que ce soit les étudiants qui soient en faute..!

Il s'agit tout de même d'une notion fondamentale et transdisciplinaire !

Il faudrait sans doute proposer une analogie avec le sommaire d'un livre : il faut donc présenter le plan comme l'articulation de chaque partie du texte, de son contenu, de manière succincte (brève, résumée, comme vous voulez), et la logique qui conduit les relations entre ces parties, c'est-à-dire comment ces parties (et les arguments qui les composent) s'articulent entre elles pour former un raisonnement ou une démonstration cohérente.

dimanche 23 décembre 2018

Une leçon de citoyenneté (suite)

Parfois, on se prend à espérer que la France se réveille enfin et va, avec le mouvement des Gilets Jaunes, montrer que les blablas des connards qui nous gouvernent et prétendent moraliser le capitalisme que protéger les intérêts des ultra-riches ne pourra que se retourner contre eux. Et parfois - désolé de vous décevoir, ce n'est pas l'article promis sur l'analyse du mouvement des Gilets Jaunes -, on s'aperçoit que ses concitoyens sont tout autant des connards que ceux qui nous gouvernent, et on se prend à se demander si on est pas, finalement soi-même un connard, par la même occasion.

Il y a quelques temps, marchant dans une rue loin de chez moi, et voyant qu'un habitant de lieu rentrait sa poubelle (poubelle qui - je le rappelle -, ne lui appartenait pas puisque c'était une propriété de la municipalité, je lui avais demandé de me permettre d'y jeter un mouchoir usager (on était en hiver). J'ai déjà raconté cette histoire, et comment elle s'était terminée, sur ce blog, et je ne vais pas la refaire.

Mais cette fois-ci, rentrant du cinéma, une autre péripétie m'est arrivée, et qui m'a fait désespérer de la mentalité de mes connards de concitoyens.
Un mec conduisant une bagnole a grillé un feu rouge, manquant de renverser un piéton en train de traverser - c'était moi le piéton -, pendant que son gamin, assis à l'arrière, a jeté à la chaussée son gobelet vide, sans doute parce qu'il était trop fatigué pour le garder en main un petit quart d'heure, le temps que la bagnole arrive à destination.

Le fils était déjà un connard qui n'en avait rien à foutre de salir la chaussée avec ses détritus, à l'image du père qui avait grillé un feu alors qu'un piéton était en train de traverser (je ne portais pas mon gilet jaune sur moi à ce moment-là, je précise, au cas où...)

J'imagine l'éducation de merde que le père a donné au fils, et la connerie du fils qui devient un beauf' à l'image de son père…

J'ai peut-être trop d'imagination, qui suis-je pour juger des personnes que je ne connais pas ?

Mary Poppins (me) returns (l'estomac) & une leçon de (non) citoyenneté

Ce soir, veille de Noël, la famille est loin, et je m'offre une soirée cinéma. Je pensais aller voir l'histoire du facteur Cheval ( ou un titre approchant), mais ayant loupé l'avant-première, je me suis retrouvé dans la salle de Mary Poppins (le retour de), en VO sous titrée, pour une heure et demie (environ) de malaise et j'ai donc passé un mauvais quart d'heure la veille de Noël.

A l'heure où les critiques ricanent à propos d'Aquaman - que je ne suis pas allé voir, les super-héros (dont j'étais fan autrefois) m'ayant lassé depuis quelques temps, à quelques exceptions près (Daredevil, mon amour…) -, ce film m'a affligé par son mercantilisme convenu. On veut nous vendre du rêve. C'est la finalité même de la société capitaliste (et le film sort au moment des manifestations des Gilets jaunes), qui est de nous vendre même nos rêves, mais, parfois, le rêve vendu est intelligent, drôle, bien pensé, réflexif (pour le spectateur), et touchant - ce qui nous incline à pardonner bien volontiers cette mise en vente du rêve, puisque la qualité intellectuelle et morale st au rendez-vous, et pardonnez-moi, je sens que je commence à m'exprimer comme un vieux con pontifiant de l'aKAdémie.

Hélas, mes amis, tel n'a pas été le cas cette fois-ci.

Le résumé de mon tourment en quatre points ?

1/ Commençons par la fin, voulez-vous ? Ce n'est certes plus une originalité, de nos jours, où la chronologie bousculée est devenu une platitude galvaudée de scénariste en manque d'inspiration, mais que voulez-vous ? C'est ce qui caractérise ce film. Je vis tenter de parler de la scène finale sans faire trop de spoilers sur les événements eux-mêmes (mais ce film le mériterait, vus savez !) :
Le film se conclue sur une régression. Là où, dans le premier film se concluait par une évolution - et c'était justement là une subtilité, puisqu'on aurait pu croire qu'il s'agissait aussi d'une régression - mais en réalité, le père Banks, dans le premier film, ne redevient pas un gamin : il apprend seulement à être à l'écoute de ses propres enfants, et à passer du temps avec eux en profitant de la vie, c'est-à-dire en donnant du sens à son travail, au lieu de vivre pour lui. Il a  appris à lâcher prise, à arrêter de se prendre au sérieux (lorsqu'il a raconté la blague à l'ancêtre de la famille Dawes), il a appris apprécier la vie autrement que par une mentalité de petit comptable étriquée (en emmenant sa famille au parc pour prendre du temps avec elle).

Michael Banks, lui redevient un gosse. Mais ce n'est pas là, sa régression. On pourrait encore se réjouir qu'il retrouve une âme d'enfant, bien que la manière de le mettre en scène soit, à mon goût, beaucoup trop naïve - et encore, devrais-je niaisement pusillanime (ceux qui auront vu le film comprendront) -, mais le problème ne serait encore pas trop grave, compte tenu du fait que c'est un film pour enfants, - même si le premier Mary Poppins était censé à la fois montrer que les parents doivent être à l'écoute de leur part d'âme enfantine, mais aussi que les enfants devaient apprendre à grandir, chacun devant en fait faire la moitié du chemin vers l'autre -,

non, ce qui est malsain, dans ce film (et là je vais spoiler…)

… SPOIL DANS
5

4

3

2

1...

c'est le dialogue entre le parapluie ET Mary Poppins, dans lequel ils avouent avec un fatalisme affligeant que les adultes auront oublié la leçon dès le lendemain !!

L'adulte n'aura rien retenu de l'aventure, il sera redevenu un gamin niaiseux pendant une journée, et ensuite, il va à nouveau se comporter en adulte coupé de la part d'enfance qui nous permet de voir la beauté de la vie !!
Toute l'histoire ...n'aura… servi… à... RIEN !!!

(et en parlant de leçon civique, je vais y revenir après cette critique !!)

Du coup, conclusion, générique, et on sort de la salle en se disant qu'on a subi pendant une heure une torture… Pour que dalle, en pure perte !!

Car oui, il n'y a pas que la conclusion du film, qui nous donne du tourment :

2/ En fait, on peut dire que Walt Disney n'a tiré aucune leçon de STAR WARS VII : ils ont voulu faire un cadeau au fan, une sorte de fan (self) service, avec le VII, et ç'a été la pire daubasse du cinéma Hollywoodien depuis le début des années 2000 (je suis sérieux, même Avatar et Pirates des Caraïbes IV & V n'ont pas été  aussi mauvais : réellement, c'est une performance de la médiocrité, ce film !) :

...ils ont refait la même connerie avec Mary Poppins, pulvérisant leur record de connerie !!

Au lieu de faire une suite pertinente et cohérente, ils ont essayé de faire une espèce de clone du 1 mais pas sous forme de remake, mais de suite qui pourtant reprend exactement les mêmes idées dans le mauvais sens de l'expression !!

Par exemple :
- dans le 1er, il faut ranger la chambre, dans le second, il faut ranger des vieux papiers du grenier ! (et attention : là où la scène du 1er est très intelligente, parce que les enfants doivent participer à la tâche, et apprendre à … la-lal-la-mettre-rien-qu'un-morceau-de-sucre-qui-aide-la-médecine-à-couler-la-la-la-et-chaque-tâche-peut-devenir-selon-l'humeur-un-vrai-plaisir-la-la..., ici non, la morale de l'épisode semble être de laisser sa nounou faire tout le boulot à votre place.

- la seule scène que j'ai trouvé assez originale et très intéressante, et que j'ai bien apprécié, c'est celle des aventures imaginaires dans la baignoire, là c'était quelque chose de relativement nouveau et ça m'a fait pensé à... (non, petits chenapans, ce n'est pas au 3e film des chroniques de Narnia, l'Odyssée du Passeur d'Aurore, que je pense !) ...à Le Secret de Terabithia : un film très intelligent dans lequel on apprend à la fois la puissance de l'imagination, et… la victoire de la réalité sur l'imaginaire (de façon particulièrement tragique, d'ailleurs !)

- Dans le 1er, les enfants prennent le thé au plafond, ici, on ne réfléchit pas trop : c'est le plafond viendra à eux, à la place. Et avec quelle excuse, s'il vous plaît ? Que le deuxième mercredi, tout se retrouve à l'envers parce que la cousine de Mary Poppins (on ne sait pas pourquoi Mary Poppins a une cousine slave..?) est trop fatiguée pour faire les choses à l'endroit, correctement. Dans le film de 1964, le thé au plafond est une excentricité qui a un sens très malin : on se retrouve la tête au plafond lorsqu'on ne pense qu'à rire dans la vie sans jamais se préoccuper des choses sérieuses - comme les enfants Banks -, et le propos est de mettre en garde contre une infantilité trop naïve, détachée du monde, de la réalité quotidienne et de la beauté que peut avoir la vie concrète, malgré les tristesses (il faut en effet raconter des histoires tristes pour retrouver les pieds sur terre, rappelez-vous !), et le film montre très intelligemment que, s'il faut savoir garder une part d'enfance et d'émerveillement, refuser de grandir est un danger tout aussi grand que de perdre son âme d'enfant :

Ainsi l'oncle Albert reste coincé au plafond sans pouvoir redescendre sur Terre, à force de vouloir fuir la réalité et la vie concrète dans le rire abêtissant (et contagieux, souvenez-vous !), ...mais ici… Quel est le propos ? Quel est le sens de cette péripétie, dans ce 2e film ? J'espère me tromper, j'espère que des gens plus malins (ou plus attentif à leur part enfantine) que moi trouveront la réponse, et sauront m'expliquer, parce que moi, là, je sèche !
Je n'ai aucune idée de ce que peut bien signifier cette scène, en dehors de nous faire perdre du temps, avec un chant niais, une chorégraphie navrante, et par-dessus tout, l'idée que les aventures précédentes des enfants Banks dans le vase aient été totalement vaines !

- Ah oui, d'ailleurs, je ne l'avais pas mentionné, mais ce vase, c'est justement le prétexte pour rendre visite à cette cousine de Mary Poppins qui, soi-disant, répare tout, parce que les enfant sont été envoyé à l'intérieur du vase qu'ils avaient cassée pour le réparer, sauf que cela n'a servi à... huh… à rien ! Puisqu'en fin de compte, le vase doit quand même être porté chez la cousine de Poppins pour être réparé…
La seule chose qui a été réparé c'est une roue peinte sur le vase.
J'aurais pu encore parler de Terabithia, parler de la puissance de l'imaginaire… Sauf que justement non : le propos ici est à l'inverse de celui de Terabithia ( et de la scène de la baignoire de Mary Poppins 2... ET de la scène dans la peinture de Mary Poppins de 1964 !!)
Car oui, n'en déplaise au personnage de Dick Van Dyke, l'aventure dans la peinture dans le 1er film de Mary Poppins n'est pas à prendre au premier degré… Bert n'est pas un magicien  qui crée un monde parallèle dans sa peinture.
Au contraire : les scènes qui se déroulent dans la peinture sont là pour évoquer le pouvoir de l'imagination, et non pas une quelconque escapade réelle dans un monde magique : c'est d'ailleurs ce qui donne son sens à la scène dans laquelle Mary Poppins est choquée lorsque les enfants, trop excités pour se coucher et s'endormir, insistent pour qu'elle reconnaisse qu'elle a gagné une course de chevaux : parce que la course en question était imaginaire, et que, là encore, il ne faut pas confondre imaginaire et réalité : en effet, Mary Poppins n'aurait jamais participé réellement à une course de chevaux, et elle trouve effectivement cette idée choquante.

Mais, comme les enfants ont, dans le premier film, imaginé avec leur nounou ce qui pourrait se cacher derrière le paysage peint sur le trottoir par Bert, et imaginent entrer à l'intérieur de la peinture (pour ma part, moi j'imaginais entrer à l'intérieur du diorama du muséum d'Histoire Naturelle de Bourges, quand j'étais ado, pour voir ce qu'il y avait au bout du chemin !), là il fallait entre à l'intérieur du vase : mais reprendre l'idée du film précédent ne suffit pas : il faut la reprendre de manière imbécile, au premier degré !

D'une part, pour que le cauchemar vécu à la fin de l'aventure intérieure du vase soit prémonitoire, e d'autre part, pour faire dire aux enfants que c'était réel parce que la roue qu'ils ont réparée avec l'écharpe de Mary Poppins est désormais représentée toujours réparée avec l'écharpe peinte, ce qui prouve qu'ils n'ont pas rêvé (ce qui détruit complètement le propos du premier film, dans lequel c'est justement par la puissance de leur imagination que les enfants Banks peuvent parvenir à s'échapper de la réalité, et huh… Vous vous souvenez de ce que je viens de dire à propos de la scène au plafond chez l'oncle Albert ? Bah, là les enfants ne vont être dans l'échappatoire perpétuelle… Jusqu'à la fin du film !)

3/ Luminomagifantastique... Alors, ce personnage d'allumeur de réverbère est le personnage leplus sympathique du film (il est en fait, pour moi, le seul personnage sympathique - avec bien sûr les enfants - ! La personnalité de Mary Poppins ayant été complètement transformée, - la scène où elle doit monter sur scène, où elle fait la mijaurée en refusant de chanter pour tout-à-coup faire volte-face et changer d'avis brusquement, sans aucune raison apparente, je vous jure : je n'ai pas compris pourquoi !!?!)
Mais les scénaristes (et/ou les producteurs), ont renoncé à mettre le mot superqualifragilistiqexpialidocious dans le film, ont voulu mettre d'autres mots bizarres dedans. ...Et ç'a été dans la chanson des allumeurs de réverbères (qui remplace la chanson des ramoneurs dans le 1er film… Vous suivez ? TOUJOURS la connerie de STAR WARS VII : il faut que le nouveau film soit un clone insipide et grotesque des anciens… Enfin, de l'ancien, en l'occurrence !)

Ici deux mots :
Le premier, c'est que même si j'ai adoré le personnage de l'allumeur de réverbères, la chorégraphie ici, n'a pas de sens : l'idée dans le premier film était de montrer à des enfants de la grande bourgeoisie qu'ils pouvaient voir le monde comme les prolétaires, adopte run autre point de vue sur le monde, plus humble, que celui d'un riche enfant de banquier : cela fait écho aux deux pences que le petit Michael voulait donner à la femme pour nourrir les oiseaux (et accessoirement, permettre aussi à la pauvre dame de se nourrir), plutôt que de vouloir créer, comme le préconisait l'ancêtre Dawes, un empire financier juste pour le plaisir de racheter aux autres toutes leurs richesses (le film opposait la simplicité des oiseaux à la sophistication de l'empire colonial britannique, si vous vous souvenez de la chanson des banquiers, le père de Michael lui vantait les mérites des richesses accaparées par l'empire britannique et ses financiers, des barrages sur le Nil, etc...) ...Or là, les enfants vont perdre leur toit, et leur père n'est qu'un caissier anonyme (et à mi-temps) dans la banque dont son père était un associé ! Je veux dire : peut-on faire plus prolo que çà ??!
Quel sens cela peut-il avoir d'enseigner à des enfants d'un employé subalterne, la manière de voir le monde des travailleurs modestes, qui dominent les toits de Londres malgré leur pauvreté ?

Le second, c'est que le mot en lui-même ne veut rien dire. Là, il va falloir que j'explique aux deux malins du fond, qui vont me rétorquer que superqualifragilistiqexpialidocious ne veut rien dire non plus, qu'en fait si, superqualifragilistiqexpialidocious, ça veut bien dire quelque chose. D'abord, métaphoriquement parlant, le mot a un sens : c'est celui qui redonne la parole à ceux qu'on voudrait faire taire, c'est le mot qu'on va opposer à ceux qui veulent avoir le dernier mot, celui du réalisme exacerbé (huh oui, je parlais des dangers de l'imaginaire tout-à-l'heure avec l'oncle Albert qui fuit la réalité, mais la subtilité du premier film est justement de louvoyer astucieusement en critiquant à la fois ceux qui fuient la réalité et refusent de grandir et d'assumer leurs responsabilités, et ceux qui ont perdu l'émerveillement de l'esprit d'enfance : le propos du film, extrêmement intelligent, étant justement qu'il faut savoir à la fois grandir et garder son âme d'enfant, savoir imaginer et rire et savoir regarder la réalité en face, bref, trouver le bon équilibre entre émerveillement enfantin et sens des responsabilités) du banquier ou du Marajah, les puissants, ceux qui dominent, ceux qui commandent et qui ont le dernier mot, ceux qui imposent leur vision de la réalité aux autres. C'est celui que monsieur Banks dira à l'ancêtre Dawes, directeur de la banque

Mais, en fait, le sens du mot n'est pas que métaphorique : Mary Poppins l'explique elle-même : c'est le mot qui redonne la parole aux humbles, comme nous l'avons dit, mais pas seulement parce que c'est le mot qu'on dit lorsqu'on ne sait pas quoi dire, c'est en fait surtout le mot nouveau, auquel on est libre de donner le sens que l'on veut : c'est le mot qui crée le monde de demain, qui ouvre les portes, qui crée l'avenir, parce que - paradoxalement - ce mot qui a priori n'a pas de sens est en fait le mot créateur de sens, celui auquel on est libre d'attribuer le sens qu'on désire :
tout comme la vie elle-même, qui n'a pas de sens, qui est absurde, mais à laquelle chacun est dès lors libre de donner son propre sens, sans se laisser enfermer par ce que dicte l'idéologie des autres : ce n'est en effet pas aux autres de vous imposer le sens de votre vie. C'est à vous de construire votre propre vie.

Ce mot, qui n'a pas de sens a priori, pas de sens prédéterminé, est donc le mot auquel on peut donner le sens que l'on veut !

Là, on nous propose un nouveau mot compliqué : Luminomagifantastique 

(désolé : je vous mets la version du sous-titre Français, parce que les acteurs le prononcent tellement vite - comme un exercice de diction - que je n'ai pas réussi à décomposer le mot en anglo-américain : 
d'habitude quand je vois un film en V.O. j'essaye de ne pas lire les sous-titres Français (sinon, je ne suis trop concentré sur la lecture et je ne fais plus attention aux sons ; c'est d'ailleurs pourquoi j'ai plutôt l'habitude de mettre les sous-titres en anglais quand je regarde un DVD en anglais, car ainsi, les sous-titres correspondent aux sons que j'entends, et je peux réviser la prononciation anglaise ainsi), là j'ai été obligé de le faire parce que je ne parvenais pas à reconnaître le mot…)

Bref, en dehors de cette anecdote sans intérêt (sauf si vous voulez un truc pour entretenir votre anglais !) 

Le mot lui-même n'a pas de sens - je veux dire même métaphoriquement, il n'en a aucun -, pour être précis, ce qui n'a pas de sens, c'est l'emploi même du mot : c'est en réalité, l'usage du mot qui n'a aucun sens dans e film, là où l'usage du mot superqualifragilistiqexpialidocious en avait un, et exprimait quelque chose de très fort du point de vue scénaristique :
remplacez le mot superqualifragilistiqexpialidocious par n'importe quel autre mot n'aurait aucun intérêt, puisque c'est justement le mot dont on se sert là où les autres mots sont impuissants, figés dans la réalité, superqualifragilistiqexpialidocious est le mot qui transcende la réalité là où les autres mots sont impuissants à le faire, justement parce que superqualifragilistiqexpialidocious, comme je viens de l'expliquer, est un mit créateur de sens, on peut lui donner le sens que l'on veut, tout comme nous sommes libres de donner à notre vie le sens qu'on veut !

Mais il en va bien autrement de Luminomagifantastique, parce que ce mot-là à déjà un sens complètement figé : remplacez le par celui de lumière, et son sens sera le même. Remplacez le par un autre mot, et là, c'est le reste de la chanson qui n'aura plus aucun sens.
Là où la sémantique de superqualifragilistiqexpialidocious est universellement libre et créatrice, celle de Luminomagifantastiqu est dramatiquement figée sur lui-même.

Le mot ne veut rien dire, il n'est pas créateur de sens, il est vide de sens.

Que les choses soient claires : ce n'est pas le concept de suivre une lumière dans la nuit pour retrouver son chemin que je critique ; la lumière dans la nuit, symbole d'espoir, c'est un concept universel qui traverse les cultures, et qui était déjà présent dans le film de 1964.

Ce que je critique, c'est le remplacement du mot superqualifragilistiqexpialidocious, créateur de sens parce qu'il ne remplace aucun autre mot, et qu'il est justement utile quand on ne dispose d'aucun mot pour dire ce qu'on ressent, ou se défendre face à ceux qui nous écrasent de leurs mots politiques, dogmatiques ou idéologiques, et cela par la vacuité d'un mot qui est lui, vide de sens, car complètement substituable à celui de "lumière".

Pourquoi ? puisqu'ils ont repris la scène du plongeon dans un dessin (et une scène qui avait tout son sens dans le premier film, mais n'en a plus aucun dans le second - et encore une fois, ce n'est pas le principe de reprendre la scène - qui est la marque emblématique du récit de Mary Poppins - que je critique, mais c'est la manière de le faire, sans aucune cohérence scénaristique ou narrative, mais juste ""parce que on voulait reprendre ce que le premier film faisait mieux que nous""), aors, dans ce cas, pourquoi ne pas reprendre le mot d'origine ? Pourquoi ne pas faire un clin d'œil plus sincère au film précédent en citant le mot superqualifragilistiqexpialidocious, plutôt que d'en inventer un autre, calqué sur lui, mais vidé de toute substance ?!

Revenons aux deux cents, dont je vous entretenais tout-à-l'heure : vous vous souvenez que Micheal, dans le 1er film, voulait le donner pour nourrir les oiseaux… Puis il s'était enfui de la banque en le reprenant des mains du vieux père Dawes… Et les avaient ensuite redonnés à son père, parce qu'il regrettait de lui avoir désobéi et de s'être enfui… Et son père les avait montré aux banquiers Dawes (mais sans les leur rendre)… Les deux cents jouent, dans le nouveau film, un rôle particulier que je vous laisse découvrir à la fin, en parfaite incohérence avec tout le propos du 1er film !!


4/ Ce qui m'a le plus affligé, c'est la remarque de Mary Poppins ""on pense trop de nos jours, c'est un fait certain"" (je traduis approximativement : comme je disais, j'essayais d'écouter les paroles sans lire les sous-titres).
J'avais pu pardonner une remarque semblable dans le film Le Dernier Samouraï d'Edward Zwick, parce que le film était tout simplement MAGNifique et que je n'allais pas bouder mon plaisir pour une réplique de scientologue au milieu d'un des récits cinématographiques les plus beaux que j'ai jamais vus.
Mais dans une telle daube qu'est Mary Poppins returns, je ne peux pas.

C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi çà veut dire beaucoup, çà veut dire qu'il était libre, libre et heureux d'être lààààà malgrééé touuuut…. huh, non, excusez-moi, je me suis oublié.

Pour moi ça veut dire beaucoup :
Pour plusieurs raisons. Et je vais donc recommencer la numération :

1 (ou plutôt 4.1) / C'est désormais une banalité affligeante et galvaudée aujourd'hui dans les films cinémas pour enfants que de leur apprendre qu'ils doivent cesser de penser. Encore un peu, Mary Poppins aurait dit que Michael devrait plutôt écouter son cœur.
Mais qu'est-ce que c'est que cette affligeante débilité ?! Depuis quand peut-on arriver à écouter son cœur sans penser ?! Depuis quand oppose t-on la pensée et le cœur, comme si le cœur dispensait de penser avec son intelligence, comme si on ignorait l'expression ""l'intelligence du cœur"" ?

4.2/ on dirait la rengaine d'une secte (c'est pas pour rien que je parlais de la Scientologie tout-à-l'heure, cf. l'histoire de Tom Cruise et ses déclarations prosélytes pendant la campagne de promotion du film Le dernier Samouraï, mais on pourrait également évoquer la secte de Raël), et c'est effectivement celle d'une secte particulière : la secte du consumérisme capitaliste actuel : vous pensez trop ! Arrêtez de penser ! Soyez de gentils moutons consommateurs ! Laissez votre banquier, votre marchand, votre patron, votre Président de la République penser à votre place ! Ils savent mieux que vous mêmes ce qui est bon pour vous !
Bon, c'est un thème que je compte reprendre bientôt dans un autre article (sans doute sur LinkedIn) sur le mouvement des Gilets Jaunes, dont je compte livrer une première analyse tantôt. Mais, en attendant, voici vous voyez le topo..:
Soyez un bon citoyen-consommateur, laissez vos chefs penser à votre place !

4.3/ Quand on sait que la puissante civilisation qui a réussi à envoyer des fusées dans l'espace, l'homme jusqu'à la lune, et les sondes jusqu'à des soleils lointains hors de notre système solaire, l'homme qui a conquis le fond des océans, créé des films de cinéma époustouflants, des ordinateurs pouvant séquencer son propre génome et aider à guérir de maladies graves, potentiellement handicapantes à vie, voire mortelles (!), ont hérité toute leur puissance rationnelle d'un peuple grec qui a inventé une nouvelle manière de penser, la philosophie, de laquelle est née toute la science moderne, on se demande QUAND EST-CE qu'un jour, on aura un film qui apprendra aux enfants, non pas à cesser de  penser comme de gros débiles mentaux déconnectés, mais au contraire à rationnaliser leur pensée et à bien penser ?

Je vais vous le dire; quand : on l'a déjà eu ce film, et c'était justement le Mary Poppins de 1964 : oui, ce film, dont je vous ai répété à plusieurs reprises la subtilité exceptionnelle parce qu'il apprenait à la fois la puissance de l'imagination et de l'émerveillement enfantins, et le danger de fuir la réalité quand on refuse de grandir et qu'on joue à faire l'enfant et à rire de tout, tout le temps, en refusant d'accepter la réalité et sa part de tristesse, ce film magnifique qui nous enseignait à écouter les autres, et voir le monde selon différents points de vue, à comprendre comment chacun - le prolo Bert, le banquier Banks père, les enfants Banks fils, et à penser le monde sous toutes ses facettes, en s'émerveillent du monde et de la vie concrète (je rappelle que le chant des ramoneurs vient après la partie de chasse à courre et de cheval dans la peinture, et après la scène de rigolade au plafond chez l'oncle Albert), c'est le chant qui exalte la vision de Londres, le Londres réel, depuis les toits pleins de suie, plein de la crasse du monde. Et c'est pourtant le plus beau moment du film, qui se termine d'ailleurs en feux d'artifice !

Un film qui nous enseignait à penser le monde différemment, et non à nous réfugier dans la naisierie de la non-pensée.
Et de ce point de vue-là, le second film es tune insulte au premier.


Voilà, j'en profite, pour parler d'un autre film : STAR WARS VIII, The last Jedi : ou plutôt, je voudrais réagir au commentaire qu'en a fait Durendal.
Je suis à peu près d'accord avec à peu près tous ses arguments contre STAR WARS VIII, à l'exception de quelques-uns, mais je ne vais en parler que d'un seul : la relation entre le général Holdo et le capitaine… huh, plutôt l'ex-capitaine, ou ex-commandant, peut-être (je ne sais plus, c'est confus tout cela), Poe.

Je ne comprends pas pourquoi Durendal (si vous n'avez pas vu son excellent épisode de Pourquoi j'ai Raison et vous avez Tort ? à propos de STAR WARS VIII, allez vite le voir sur YouTube :
https://www.youtube.com/watch?v=aBhFAN7479A (première partie)

https://www.youtube.com/watch?v=DJ68mqtAPUk (deuxième partie)
https://www.youtube.com/watch?v=-_eLtsUhlF8 (troisième partie)
avant de reprendre votre lecture) 
fait une fixation sur le fait que Holdo refuse de révéler son plan à Poe, et qu'ainsi elle a encouragé la mutinerie.

J'aimerais rappeler que :
1/ Un général n'a pas à faire part de son plan à un commandant, il donne des ordres, le commandant (ou ex-commandant) fait exécuter les ordres par les sergents et les sous-fifres, un point c'est tout. Ca s'appelle la chaîne de commandement, et toutes les armées DU MONDE fonctionnent ainsi.
Durendal parlait du fait que dans le IV (et dans divers autres), l'Etat-Major révélait son plan aux officiers de la Résistance.

Je me permets de rappeler que le contexte était complètement différent : dans le second cas, il s'agissait de recruter des volontaires pour une mission suicide, les gus qui allaient joyeusement se faire sacrifier avaient le droit, estimait-on, de savoir pourquoi ils allaient au-devant d'une mort certaine (et de fait, les 3/4 de l'escadron Rogue sont morts dans l'assaut de l'Etoile Noire !!).
Dans le second cas, il s'agit d'une retraite dans laquelle l'armée fuit le danger de mort, et dans ce cas-là, je ne vois pas pourquoi le général aurait à partager son plan avec le premier guignol venu, surtout sachant que :

2/ A cause de Poe, la flotte de la Résistance s'est faite décimée ;
3/ Il a été dégradé pour cette raison ;

...Et c'est à ce gugusse-là que vous voulez que Holdo dévoile son plan ?!

samedi 4 août 2018

Vive le cirque médiatique !

Attention : cet article constitue ce qui, à l'origine, devait être une réponse à la chaîne YouTube "Les Philogynes"", à propos de la fameuse émission, tant relayée sur internet (au grand bonheur, j'imagine, des producteurs qui trouvent là une notoriété et une publicité gratuite !!) à propos du débat entre Marlène Schiappa et J.-C. Van Damme ( https://www.youtube.com/watch?v=pAZwK6lIX2o )


Wow. Comment dire..? Ca te rassure que JCVD se prend un regard de mépris du public et des personnes présentes sur le plateau, parce que ça te fait sentir moins seul ? Alors, déjà 'faut arrêter de parler de JCVD comme si c'était votre gourous, les mecs parce que là, vous me faites flipper ! JCVD c'est pas le prêtre d'une secte. Je veux dire, des conneries, il en sort 20 par jour, parce que c'est son métier d'acteur : c'est pas non plus une référence de la pensée hautement intellectuelle, c'est un mec qui fait du karaté au cinéma !
Son job, et c'est pour çà qu'on l'a invité sur le plateau, c'est de faire de la provoc', parce que c'est un acteur. Il a été invité en tant que croquemitaine, les gars, alors, 'faut vous réveiller : ce qui s'est passé sur le plateau était juste PREVISIBLE !! Il a fait son job d'acteur, c-à-dire son job de guignol, de provocateur.

J'aurais compris que vous vous sentiez moins seul si c'était au Dalaï Lama qu'on avait jeté ce regard de mépris, ou alors à Bouveresse, mais là, le mec, il ne défend pas une position philosophique pertinente, il ne défend pas une idée ou un mode de pensée, ou même une manière de voir les choses et le monde :

le mec est un acteur, qui a fait sur le plateau exactement ce qu'on attendait de lui : il a fait de la provoc', du cirque. Il a été invité exprès pour çà, parce que, sans blague, c'est complètement improbable que les producteurs n'aient pas prévu qu'il allait faire sa petite provoc'.
Attention, je ne dis pas que JCVD qu'il n'est pas sincère, qu'il ne dit pas ce qu'il pense : je dis que (d'une part) il n'est pas le défenseur d'une pensée ou d'une manière de voir, il est un acteur qui fait du karaté (d'une part), et je dis aussi (d'autre part) juste qu'il a été UTILISé comme un guignol par les producteurs de l'émission.

Je ne crois pas même que lui-même en ait été conscient, mais s'ils l'ont invité face à cette pseudo-féministe hystérique qu'est Schiappa (et qui fait honte au féminisme que je défend par ailleurs, vu le débit constant de conneries qui sort de sa bouche et le fait qu'à chaque fois qu'on lui montre qu'elle dit de la merde, elle nous traite de sexiste, alors que la connerie qui sort de sa bouche n'a absolument rien à voir avec son sexe - ou plutôt son genre), les gus de l'émission DEVAIENT invité un croquemitaine.

C'est la seule façon possible d'attribuer une once de crédibilité à Schiappa qui ne sait pas aligner deux phrases d'affilée sans sortir un de ses préjugés de merde pour s'émouvoir ensuite qu'on la recadre et se victimiser quand in essaye de lui apprendre un truc.
Sérieux, cette fille est un panneau ambulant de discrédit total du féminisme que je défends, elle est une réclame aux services des anti-féministes qui n'ont plus qu'à la montrer du doigt pour dire ""vous voyez, les féministes c'est tous (et toutes) des hystériques paranoïaques qui vomissent des délires incohérents"".

Evidemment que face à elle, ils ont été obligé d'inviter un acteur comme JCVD pour qu'elle puisse se mettre un peu en avant et se faire valoir ! Elle ne peut pas, autrement. Ce qui sort de sa bouche n'a aucune valeur intellectuelle, c'est du vide, dénué de sens, de la vacuité pure !!
Aussi, je trouve çà triste que tu te réjouisses d'être en communion avec JCVD, qui a été invité pour être manipuler comme une marionnette sans comprendre ce qui se passait sous son nez, servir de faire-valoir à Schiappa pour lui permettre de briller, et provoquer de la part du public un désaveu qui servait à justifier la complaisance stupide d'une brochette d'idéologues qui veulent imposer leur système à une troupeau de téléspectateurs débilisés par des émissions médiocres.
Il s'agit d'une pure mise en scène des producteurs.

Il suffit d'écouter Schiappa pour se rendre compte qu'elle n'a AUCUN argument pertinent, bon sang !! Elle parle de ""mansplaining"", avec sa morgue hautaine de mademoiselle-je-sais tout qui veut apprendre aux autres ce qu'ils font : sérieusement ? Sériseuement : le *mansplaining*..: très convaincue, elle lui expose la notion la plus stupide et la plus pourrie jamais inventé par les pseudo-féministes qui : - au mieux sont sincères mais sont incapables de développer des arguments pertinents comme ceux que d'autres (et moi-même) cherchons à construire,

Au départ, il s'agit de pointer le fait que des hommes parlent à la place des femmes pour expliquer à celles-ci des réalités qu'il ignore, puisque ce sont elles qui les vivent au quotidien et non lui. Un très bon exemple, qui est - pour moi - parfait en tout point est l'article ""je parle, ils mecspliquent"" de Marie Donzel, publié en octobre 2017 ici : https://www.anti-k.org/2017/10/24/balancetonporc-parlent-mecspliquent/ , au moment où se répandait le fameux hashtag ""#balancetonporc"" était en fait super pertinent, le problème c'est qu'une troupe d'hystériques ont vu que ç'a marché une fois, donc ils et elles se sont empressés de le sortir de son contexte pour l'utiliser n'importe comment à toutes les sauces comme des gros niais(es) sans cervelle en s'imaginant que c'était un argument absolu. Bah nan : désolé, les gars (et les filles) : un argument n'est pertinent que dans son contexte, et à propos du problème pour lequel il a été développé afin de répondre à une problématique précise. En le ressortant à tout bout d echamp pour des situations qui n'ont rien à voir avec le problème auquel il répondait - au départ - très intelligemment, vous avez transformé ce magnifique argument en u espèce de mascarde qui vous discrédite complètement. Donc voilà, 'faut vous calmer un peiu, et modérer votre enthousiasme avant de dégainr une mille-et-unième fois cet argument. Vous le galvaudez. Vous le banalisez. Vous le décrédiblisez, alors qu'à la base il était extrêmement précieux et super intelligent !
- au pire, sont là pour caricaturer le féminisme et jeter le discrédit sur les féministes sincères, consciencieux et surtout, rationnels, qui s'appuient sur des faits afférents à la condition féminine réelle.
Un exemple d'usage complètement incohérent de ce concept : c'est l'article de Sophie Riche en février 2017 sur http://www.madmoizelle.com/mansplaining-explications-169296 : l'article commence par une explication tout-à-fait convaincante, - avec qui plus est un exemple très pertinent, celui d'un article de Lyman Abott -, et qui me sied parfaitement. Et tout-à-coup, au détour d'un nouveau paragraphe : voici ce que je lis :

« Certes, il m’est arrivé — rarement, tout de même — de voir des femmes faire du mansplaining en discutant avec d’autres femmes. »

...O.K.

... Donc, on parle du fait qu'un membre du sexe opposé entend faire la leçon à une femme sur sa propre expérience... Mais des femmes le font aussi ? Expliquez-moi comment cette auteure a pu avoir ne serait-ce que l'idée d'associer le *mansplaining* à une discussion entre membres du même sexe, bon sang ??! Où est la logique ? La cohérence du propos ? Donc, parce qu'une fille penserait de la même manière qu'un mec - et çà relève de sa liberté de conscience, je veux dire : associer une pensée à un sexe, comme si les membresd'un sexe déterminé devaient penser d'une certaine façon et pas autrement, c'est justement ce contre quoi le féminisme s'oppose, en soutenant la liberté de penser, n'pas ? Parce qu'une femme soutiendrait un argument que des hommes utilisent aussi, elle ferait du *mansplaining* ?

On en est donc à ce degré de stupidité pour lequel une femme qui opposerait dans une conversation des arguments qui ne plaisent pas aux féministes, alors elles seraient dans le camp des mââââles et ferait du *mansplaining* ??!

Vous vous battez pour que les femmes aient la liberté d'opinion, de pensée, de parole, bref, la liberté d'expression, et c'est pour leur reprocher par après de l'utiliser pour dire ce qu'elles pensent parce qu'elles ne pensent pas comme vous ? (Et sous-entendu, si elles font du *mansplaining*, elles feraient mieux de se taire, ce qui veut dire qu'au nom du féminisme, des femmes imposeraient la censure à d'autres femmes qui ne sont pas d'accord avec elles !!?)
Non mais je vous l'ai dit : c'et une utilisation DEBILE d'un argument qui pourtant, à la bas, était très intelligent, mais sur lequel certaines militantes hystériques qui font plus de mal que de bien à la cause, jettent un discrédit total !

Bref, JCVD n'a pas fait de *mansplaining*, il a juste PARTICIPE à UN DEBAT DANS LEQUEL SCHIAPPA n'avait PAS LE MONOPOLE DE LA PAROLE, NI CELUI de la vérité révélée, mais qui avait besoin d'un adversaire à la fois faible et choquant (du point de vue rhétorique, je veux dire) pour pouvoir être mise en valeur !
Ce qui est le comble de la médiocrité, c'est que ces femmes qui utilisent l'argument aujourd'hui pour faire taire les hommes, c-à-dire, pour être clair, qu'elles utilisent un argument sexiste pour nous faire fermer nos gueules : ""Vous êtes des hommes, donc vous n'avez pas le droit de dire ce que vous dites, vous êtes des hommes, donc vous n'avez pas le droit de nous parler ni d'argumenter avec nous, vous êtes des hommes, donc les paroles qui sortent de vos bouches - et auxquelles on n'aurait pas su quoi répondre si c'était une femme qui les avait dites - n'ont aucune valeur"".

Ca s'appelle de la discrimination sexiste, c'est ce que les féministes (dont moi) passent leur temps à reprocher aux ""machos"", sauf qu'à présent, vu qu'elles le font elles-mêmes, je ne vois pas bien de quel droit nous pourrions continuer à reprocher aux hommes de le faire.
Non seulement, du même coup, elles font passer les féministes authentiques pour des baltringues, mais en plus, elles discréditent leur propre combat, puisqu'elles commettent la faute même contre laquelle elles prétendent lutter : la discrimination sexiste.

Aussi, je vous le répète : franchement, ne vous réjouissez pas ; que vous soyez du côté de JCVD et vous sentiez *moins seuls* ou que vous soyiez comme moi, défenseur d'un féminisme qui se veut rationnel et argumenté, face à une Schiappa qui passe son temps à se victimiser dans une espèce de délire hystérique de persécution, vous n'avez de toute façon assisté qu'à une mise en scène grotesque de la mise à mort de l'intelligence. On appelle çà un coup de com' médiatique. Notre civilisation s'effondre à cause de çà, et c'est sur ce genre de stupidités que vivent des médiocrités du genre de BHL, d'Onfray & consorts, qu'on invite régulièrement sur le splateaux parce qu'ils nous font nous sentir faussement intelligents, nous font croire qu'on a tout compris, alors qu'ils nous endorment avec un endoctirnement médiatique insipide et débilitant. Je vous l'ai dit ; la seule chose à en dire, c'est que c'est triste à pleurer, une bêtise pareille.